mardi 9 juin 2009

Je sais que tu as besoin de repères, que tu souffres autant que moi d'être déchiré, déboussolé...je sais que tu cherchais ça en moi...que tu me voulais ton guide permanent, stable et efficace...Mais je suis fragile, déchirée, parfois abattue, souvent lunatique...A ce stade, nous devons choisir le chemin. Un seul. Et colmater toutes les brèches, boucher tous les fossés qui nous tirent vers le bas. Parfois je pense que j'ai besoin de toi autant que toi de moi. Parfois, je me dis qu'à défaut de se noyer, il vaudrait mieux le faire seule.
On m'avait entrainé là où je ne sais nager et me suis débattue contre un vent de mer puissant. J'ai pourtant besoin de toi, même si en apparence je n'ai pas besoin de cette aide. C'est juste parce que j'aime jouer les fortes...

dimanche 31 mai 2009

Moi...m'emmerde


Je m'emmerde, je me fais chier...plus d'inspi...me sens nulle...pas de réponse à mes questions...suis schizophrène...un jour je ris, un jour je pleure...du rire au larmes tout est facile et si compliqué à la fois...
Moi, aimerais tout recommencer
Moi, aimerais tout trouver

Moi, aimerais un pti coup d'oeil sur le futur

Moi, aimerais devenir, plus gentille et moins gentille (dépends des circonstances) , moins rigide, moins conne, moins agressive, ...

Moi, aimerai être plus forte que je ne le suis déjà
Moi, aimerais réaliser au moins l'un de mes rêves...est ce trop demandé?? béhi un seul promis, je ferai une sélection, mais donnez moi droit à au moins un :((

vendredi 1 mai 2009

Vis dans sa peau (fin)

J’arrêterais bien l’histoire là si je savais qu’il y avait le moindre espoir de la ramener dans ma vie un jour. Mais le temps était notre troisième acteur dans cette belle comédie sentimentale dramatique. Oui, notre histoire je la voyais bien commencer en comédie sentimentale, le rire en fond musical. Et les larmes ponctueraient le nœud du film, en dessineraient la fin. Je la voyais partir et s’éloigner chaque jour un petit peu plus…Je la sentais revenir vers moi de plus belle certains jours, je l’entendais me crier je t’aime mais ressentais cette rancœur dans son regard des fois…et moi j’étais le même. Je ne changeais pas. Je ne réagissais pas. J’étais juste là pour accueillir ses excès d’émotions. Je la voyais petit à petit se transformer en personnage excentrique, excessif. Elle cherchait sa place dans ma vie, et je refusais de la lui donner. Malgré tout je n’ai jamais hésité à être là quand elle avait besoin de moi. Au fait, je voulais la guider de loin, sans qu’elle ne pénètre vraiment ma vie, sans qu’elle ne soit indispensable. Et pourtant, et sans que je le sache, elle l’était, plus que n’importe qui, plus que n’importe quoi. L’histoire se transformait petit à petit, et je me voyais détruire sa personnalité, elle qui tentait d’affirmer la mienne. Le jeu s’inversait et les règles lui échappaient.

Elle resta toute fois près de moi mais décida de vivre ses rêves à deux, seule. Elle écoutait sa musique toute seule, tout en étant dans mes bras. Elle partait au cinéma sans moi. Je la rejoignais seulement à la fin du film et je contemplais les traces de larmes séchées sur sa peau, tandis qu’elle me racontait sa séance. Elle veillait tard le soir, à lire des livres et à gribouiller tout près de mon corps assoupi. Elle traçait sa vie professionnelle sans prendre mon avis. Elle s’accrochait à son travail comme on s’attache à un dernier espoir. Que fallait il de plus à un homme comme moi, pour entendre ces cris de douleur ?

Puis elle partit une première, puis une deuxième, puis une troisième fois…parfois elle s’en allait dans la douleur, parfois en larmes, d’autres en silence. Et je ne bougeais pas, ne réagissais pas, la tristesse me consumait de l’intérieur, mais une force me rattachait à mon fauteuil. Ce n’était même pas la fierté. C’était peut être ce qu’elle appelait lâcheté. C’était peut être ce que j’appelais moi peur par amour. Mais aujourd’hui je peux presque y voir plus clair, aujourd’hui j’arrive à comprendre les raisons qui m’ont poussé à agir ainsi. Cela ne légitimisme pas pour autant mon attitude. Au contraire, cela ne fait qu’augmenter le poids de la culpabilité, et surtout celui des regrets. Je me suis juste rendu compte que j’étais cette personne carrée, simple et simpliste et rien ne pouvait changer ça. Mon voyage avec elle était des plus magnifiques, mais je n’avais pas son courage à elle pour le continuer à vie.

La vie avec elle était comme un saut dans le vide quotidien, l’impression de ne pas savoir de quoi sera faite ta journée. Une énorme contradiction entre le fait d’avoir à côté de soi quelqu’un qu’on connaît si bien, sur le bout des doigts et de finalement être toujours surpris. Ma peur était celle de ne pouvoir jamais arriver à la dompter, celle de me rendre à l’évidence qu’elle m’appartenait, mais qu’elle était changeante. Ma déception fut celle de découvrir une triste vérité : j’étais finalement conditionné par les convenances

Puis elle a sombré, et si vous saviez combien je m’en veux, d’avoir assisté à sa dérive sans rien faire.

C’est là qu’elle partit une dernière fois, sans prévenir. J’attendais qu’elle revienne comme à son habitude. Mais elle était déjà bien loin. Je continuais à lui envoyer des lettres auxquelles elle ne répondait jamais. Je n’étais même pas sur qu’elle les recevait. J’appris qu’elle fréquentait beaucoup d’hommes successivement. Je n’avais pas vraiment cherché à connaître la nature de leurs relations. Mais j’étais sur qu’elle ne les aimait pas. Ou plutôt j’essayais de me convaincre de cela. Parfois, j’en croisais l’un d’eux au hasard dans une soirée chez des amis, ou dans un pub. Je les reconnaissais parce que quand ils parlaient de cette belle femme imposante, impulsive, et surprenante mais qui les rendaient fous par sa distance, je la reconnaissais. Je reconnaissais ma femme. Je reconnaissais sa description, ses yeux, sa bouche, son menton, tout son corps…mais j’avais parfois du mal à reconnaître celle qu’on disait glaciale, sans scrupules, celle dont le monde serait mystérieux et inaccessible.

Je la revis un soir de printemps, à Paris. Il devait être 11h du soir. Elle était assise à la terrasse d’un bar resto de l’île Saint-Louis, seule. Elle fumait une cigarette, le regard distrait et les yeux remplis de larmes. Elle ne me vit pas et je ne voulus pas la perturber à mon tour. Mais le barman, que je retournais voir, me parla d’elle : ‘C’est une jeune demoiselle charmante et douce. Elle vient ici presque deux fois par semaine. Elle commande toujours la même chose, du vin blanc. Elle reste une heure ou deux, puis s’en va. Je ne sais pas ce qui la rend si triste mais je la vois pleurer souvent.’

Je décidai alors d’écrire une dernière lettre à ma femme que je donnai au barman, la seule qu’elle aura lue parmi les dizaines que j’avais écrites :

‘Ton ombre flotte encore dans ma tête, elle ne me quitte plus, imprécise mais toujours présente. Une ombre froide, qui me rappelle les soirées d’hiver passées ensemble. Ce sont ces moments là qui ont marqué mon esprit, mon cœur, ma vie, notre relation.

Je te voyais instable, toujours à la recherche d’une forte direction, qui fixerait tes pensées. Peut être ce besoin crée il en moi l’envie d’être cette infaillible boussole ce soir, ce point fixe. Un grand amour ne suffit pas à attacher l’être qu’on aime, si on ne sait remplir toute la vie de l’autre d’une richesse sans cesse renouvelée.

Peut être que je me suis posé trop de questions. Peut être que j’ai eu peur de sauter dans le vide. Mais si c’est en tenant ta main, je serais bien tenté de le faire aujourd’hui.

Je t’aime encore si fort.’

Elle ne répondit jamais à ma lettre, même si je la vis la lire de loin.

vendredi 17 avril 2009

Vis dans sa peau (nouveau récit)


Je me souviens encore d’elle. Je l’ai en tête et en chaire, je l’ai en images, floue, claire, obscure, rayonnante.... je l’ai toujours en musique, douce et traversante, comme elle m’avait traversé pendant un an, comme elle est entrée dans ma vie un jour de pluie et de tempête intense. J’ignore encore aujourd’hui, si c’est le destin qui a provoqué notre rencontre ou si c’est elle. Elle est tellement douée parfois à faire des miracles que je lui accorderais bien celui là. Je n’ai jamais été attiré par les femmes de ce genre. Vous savez, je suis plutôt du style à apprécier les beautés à la fois simples et criantes…les femmes sexy qui s’habillent et bougent afin de mettre leurs atouts féminins en valeur. Les femmes que vous invitez à sortir pour rendre jaloux les autres hommes. Sexy, elle l’était mais différemment des autres, à sa manière, à sa façon. Sa féminité, elle la dévoilait par son regard, par sa voix douce et sensuelle à la fois, par sa façon de n’être ni femme ni enfant, d’être les deux à la fois et parfois même homme au besoin. Elle était belle, mais je ne saurais décrire cette beauté. Je vous induirai en erreur si je vous disais qu’elle avait une belle âme, vous croirez qu’elle n’est pas jolie. C’est tout juste le contraire… Elle était d’une beauté incroyable. Mais son esprit et son âme dégageaient quelque chose d’ensorcelant…une présence, un aura, de ceux qui vous transportent loin au premier regard. Et c’est ce qui était arrivé la première fois que je l’ai vu entrer dans mon bureau. Elle était mouillée par la pluie. Elle prit la peine de s’excuser pour son état, puis se posa directement sur la chaise et me lança : « Je suis vraiment pressée, parce que je dois aller chercher une amie à l’aéroport dans vingt minutes et je dois impérativement commencer des changements dans une ancienne maison pour ma sœur sinon elle me tue. »

Elle sortit de son gros sac des photos, du papier, des crayons et se mit à faire de petits dessins. Je la regardai faire quelques minutes, et finis par lui dire : « Voici mon numéro de mobile, allez chercher votre amie et dès que vous aurez du temps libre en fin de journée ou même en début de soirée, je serai disponible pour voir avec vous votre projet. »

Elle était contente. Elle souriait…Ce magnifique sourire qui n’avait plus quitté ma mémoire depuis.

J’ai pris le temps de la connaître, mais c’est surtout elle qui a pris le temps de me faire connaître à moi-même. Elle venait souvent me voir en fin de journée, fermait les portes et mettait de la musique à fond sur mon pc et m’invitait à danser. ’Ca aide à apprivoiser les lieux du travail et à avoir un autre regard sur l’espace qui nous conditionne à toutes ces tâches’

Ce fut la première chose que j’appris avec elle et le déclenchement de tant d’autres.

Assis sur mes genoux je lui avais dit un jour que quelque chose brûlait en moi, aujourd’hui cette brûlure me fait mal, au point ou elle finira par me tuer, avant d’avoir tué cette envie de la rendre heureuse. Je vivais pour ça...Comment a elle réussi à chambouler autant ma vie ?

Dans ma vie, je suis quelqu’un d’assez organisé et carré, pas très original certes, mais je ne suis pas rabat joie, j’aime faire la fête aussi. Au fait, je suis même quelqu’un qui sort beaucoup, qui a beaucoup d’amis. La fête, je l’ai redécouverte grâce à elle. Et surtout la fête à deux… mais ce que j’adorais en elle, c’était cette façon qu’elle avait de rendre ma vie semblable à celle d’un personnage d’un film…un Mickey Rourke dans 9 semaines et demi, mais je n’étais pas aussi pervers que lui, je ne poussais jamais le jeu bien loin. Elle, elle adorait le faire par contre. Je me souviens encore de ce fameux ‘Take off your dress…yes, yes, yes…’ un soir de clair de lune, dans mon balcon, la musique à fond, les voisins partis en vacances et ce corps déchainé qui se trémoussait dans la pénombre. Elle me rendait fou par son corps, et aucun homme qui aurait vu ce que j’ai vu n’oserait dire le contraire. Je me retiendrais de crier : ‘u gave me reaon to live, u gave me reason to live…’ si elle était encore là.

Elle adorait créer le moment comme elle le disait. De n’importe quelle heure de la journée et aussi banale soit elle, elle en faisait de la magie. De l’attente pour payer une facture, elle pouvait en faire un jeu. Du diner à deux, elle créait l’interaction. De la corvée d’un invité lourd, elle en jouait le diner de cons. Du shopping que je déteste tant, elle en sortait un nouveau jeu de fantasmes à réaliser. Ma tête ne cesse de passer et repasser en boucle le film de ses hanches bougeant sur la piste à grande vitesse…’elle mettait le feu’ là où elle passait, ou plutôt là ou elle dansait. Et j’aimais l’accompagner les samedis soir dans les clubs. Elle m’a entrainé dans ce monde que j’appréhendais, celui de la danse et de la musique…Toute la musique. L’art dans toute sa splendeur, des concertos de piano à quatre mains, du classique, de la bossa nova, du reg atone, du Jazz classique, du blues, de l’opéra…le tour du monde en musique. Et aujourd’hui, je pense à elle presque à chaque titre que je mets dans ma voiture en allant au travail le matin. Tous mes CD lui sont dédiés, toute la musique que j’aime (non elle ne vient pas du blues… elle vient d’elle). Je pense encore à elle, quand je me lève tôt, à 5h du matin pour accompagner un ami à l’aéroport…Je mets Dutronc en me délectant du croissant pur beurre de la pâtisserie parisienne. Je pense encore à elle quand j’ai un coup de cœur pour la libertad de pep’s et n’ai qu’une seule envie, c’est de lui dire : ‘écoute, je suis sure que tu vas adorer’…

Ces matins là, sa voix résonnait dans ma tête, et à coup de lettres maladroites je noyais mon chagrin en osant espérer qu’un jour elle les lirait tous, comme ça en vrac, par dizaines, par milliers et qu’elle se laisserait balancer dans mes bras, se prendrait à mon cou comme elle le faisait autrefois.

« Ce matin, le son de ta voix résonnait dans ma tête, tu parlais de tes rêves et de tes désires;
Moi à tes cotés; j'avais la tête ailleurs; je pensais à beaucoup de choses à la fois; appartement, boulot, famille, argent, amour ...Toi tu étais à moi; tu étais acquise.
Un coup de frein était en vain pour échapper à cet accident, mes soucis m'ont aveuglé, je n'ai pas eu le temps de réaliser l'importance du bonheur dans lequel tu me noyais.
Sur un lit blanc qui sentait l'alcool, j'ai ouvert les yeux et toi seule me manquait. C’est seulement à ce moment là que j'ai réalisé, que pendant un an, j'ai eu peur de ne pas savoir t'entrainer au bout de tes rêves et de tes délires, peur de ne pas pouvoir les réaliser pour toi, peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pas être finalement l'homme que tu attendais. Cette peur plurielle m'a accablé et m'a poussé à réagir comme je l'ai fais, tu disais par lâcheté, je dirais par amour ...
J'ai renoncé, et si tu savais comme je m'en veux... »

Des dizaines de lettres, je vous dis…tous dans un tiroir, sur du papier volant et parfois bien fichés et archivés dans mon nouveau blackberry. Le jeu en valait-il la chandelle ?

Rencontre sur agenda (part five)

Mercredi 10 Septembre- 21h46

« Je suis juste devant chez toi, tu m’inviterais à monter ? »
Sender : +216 24 235 413
Received : 21 :48 :12
10-09-2008

Elle ouvrit la porte, il était juste devant chez elle, la regardant. Sans trop oser monter les marches de l’escalier.
- Viens
Il avança vers elle, entra dans la grande demeure. Tout était bien rangé. Et toute la maison respirait une odeur fraîche…tout dans le raffiné…tout comme il aimait, tout à proximité, tout comme il l’avait prévu et elle semblait assez confuse ou troublée par sa présence. Cela ne faisait qu’augmenter son désir pour elle.
Elle mit une musique de fond, s’assit à côté de lui et le regarda droit dans les yeux.
-Vous êtes venu chercher quoi au juste ?

Mercredi 10 Septembre- 22h00

Sa main caressait sa nuque, son regard plongeait dans sa peau et sa bouche soufflait des syllabes au creux de son oreille. Elle voulait s’éloigner, se détacher de ce corps, courir, fuir, partir…elle savait tout le mal qu’elle causait…mais elle ne pouvait le faire. Elle devenait prisonnière de ces yeux…

Mercredi 10 Septembre- 22h00

Sa main plongeait dans sa chevelure, ses yeux l’observaient profondément et sa bouche parcourait son visage essoufflée. Il aurait souhaité pouvoir s’éloigner, se détacher de ce corps, courir, fuir, revenir en arrière, tout arrêter…il savait à l’avance tout le mal qu’il allait lui causer…mais il était déjà engagée. Beaucoup d’enjeux…trop tard pour reculer.

Jeudi 18 septembre- 16h20
« Angelo, où es tu bon sang ? Il n’y a qu’à toi que je peux avouer mes faiblesses, qu’à toi que je peux dire mes pêchers…j’ai pêché mon Angelo, j’ai succombé à la grande tentation, à la folie de la passion, au désir de la peau, du toucher…Devrais-je tout avouer ? A ton avis mon Angelo, je dois le retrouver dans quelques jours et retrouver ma vie normale, mes cours de théâtre et de danse, mon 13/14 quotidien et mon diner-soirée…On parlera affaires, il me donnera les papiers à signer, il me montrera les nouvelles têtes à embaucher…je m’en fouterai royalement…sauf que là, c’est à un autre que je penserai la nuit. Alors Angelo ? On le fait …? Tu sais que j’ai toujours voulu le faire. Je n’attendais que le bon déclic pour ça. Avoue qu’on ne peut rêver mieux question déclic, doux, sensuel, déroutant… Bon tu n’es pas là…J’espère que tu es entre de bonnes mains en tout cas, qu’il ou elle te nourrit de la magie des mots de temps à autre. »

dimanche 12 avril 2009

Rencontre sur agenda (part four)

Vendredi 5 Septembre- 16h17

Elle marchait dans les grandes rues de Mohamed V, ipod dans les oreilles. U2 à fond les tympans…elle adorait marcher dans les grands boulevards de Tunis sans être dérangée. Aucun bruit pour l’atteindre. L’entretien qu’elle venait de passer avec le client était assez satisfaisant et concluant. « Je suis motorisée, merci. » Lui dit-elle quand il proposa de la raccompagner. En vérité, elle avait sa BM série 1 qu’elle utilisait rarement, surtout en ville. Elle détestait les heures de pointes, les embouteillages, les crénos, les feux, les policiers, les sourires bêtes des automobilistes qui passent à ses côtés, et les parkings mal faits de Tunis, où elle ne trouvait presque jamais de place. Elle préférait seulement marcher et admirer les palmiers tout au long de l’avenue. Seulement quand il commençait à pleuvoir, c’était moins pratique. « Tout beau, tout romantique…mais tellement salissant »
La pluie devenait de plus en plus torrentielle, les taxis se faisaient de plus en plus rares et les automobilistes qui s’arrêtaient habituellement pour présenter leur loyaux services de chauffeurs avaient tout à coup disparus…sauf un. Un automobiliste qui s’était arrêté à quelques mètres…
-Monte, tu vas prendre froid
Deux mois plus tard, il refaisait surface, dans sa belle voiture, tout clinquant, tout pimpant, juste devant elle, toute mouillée, toute fragile.
-Pourquoi, tu ne m’as pas appelé ?
-Pourquoi, toi, tu ne m’as pas appelé ?
-Non, je veux dire là, sous la pluie, pas de taxis, pas de voiture…pourquoi tu ne m’as pas appelé. Je serai venu te chercher avec plaisir, tu le sais.
-Oui, ça fait juste deux mois qu’on ne s’est pas, mais tu es la première personne que j’avais en tête quand il a commencé à pleuvoir
-Merci, cela me va droit au cœur
-Non, ce n’est pas ce que je voulais dire…mais enfin…tu me comprends…je m’excuse
Il la regardait à travers le rétroviseur, comme lui seul pouvait le faire. Elle était juste à côté de lui, mais il préférait voler son regard dans le petit miroir. Cela la déstabilisait au plus haut point. Elle recoiffa sa chevelure toute mouillée, esquivait ce petit regard, mais ne pouvait s’empêcher de lancer quelques coup d’œil fugitifs de temps à autre. Elle avait de plus en plus chaud à ses côtés. Elle enleva le gilet qui couvrait ses bras bronzés timidement. Il sourit.
Il s’arrêta juste devant chez elle.
-Tu sais où j’habite ?
Il tendit sa main comme pour prendre son gilet sur le siège arrière et rapprocha son visage d’elle. Leur lèvres se touchèrent un instant furtif, mais il éloigna tout de suite son visage d’elle.
-Rentre bien.

My diaries (from 2008 to 2009)


Un rendez-vous, un seul et après??


Une autre journée sur Paris où il pleut. Décidément avant mon départ, c’est comme si c’était fait exprès. Et toujours le même tableau : moi une tasse de café à la main regardant par la fenêtre, mon lap top ouvert sur sa page Word et de la musique selon l’inspiration du moment. Bon j’exagère un peu, ici la pluie n’a jamais été un frein pour sortir, ni le froid d’ailleurs, sinon on resterait chez soi 7 mois par an. C’est plutôt que j’aime rester de temps en temps seule. J’aime écouter « New York state of mind » alors que je suis à Paris, et j’aime écrire des petites histoires sur des jeunes femmes qui en grillent une parce que j’ai arrêté de fumer. J’aime aussi réfléchir ma personne. Et réellement elle m’intrigue…J’ai de réels doutes quant à la théorie du masochisme. J’avais longtemps cru à celle du pessimisme, mais j’ai découvert récemment que je ne l’étais pas, que bien au contraire j’étais quelqu’un de très optimiste et …masochiste. Oui, ben il fallait bien quelque chose pour expliquer tout ça…et par tout ça je veux dire toutes les conneries que je fais et refais. Je me rappelle qu’il ya plus d’une semaine, j’étais sortie pour rejoindre des amis à Bastille. J’étais dans le métro et un jeune homme était assis en face de moi. Il était pas mal, grand de taille, brun au teint mat. On est descendu à la même station, pris la même correspondance. Je marchais derrière lui, et on n’entendait que l’écho du bruit de mes talons. La station était pratiquement déserte, ce qui me semblait déjà assez bizarre. Il se retourna : « arrêtez de me suivre mademoiselle, je suis marié, vous allez me créez des problèmes » Je ne pus qu’éclater de rire…c’était la première fois qu’on me la faisait celle là. C’était très clair que c’était une phrase toute faite, une technique de drague bien rodée, mais dans les circonstances, il l’avait bien utilisé. « On prend juste la même direction, respirez monsieur » ai-je répondu avec un petit sourire. -Des origines asiatiques ? - Non, mais on me dit souvent ça, c’est peut être mes yeux. -c’est sur, maghrébine. -Tout à fait et fière de l’être. Tunisienne. -Oh M#### ! Le peuple que je déteste le plus…que des profiteurs…pourquoi fallait-il que je tombe sur une aussi jolie demoiselle qui soit tunisienne. -Pour vous montrer que finalement ils ne sont pas aussi mauvais que vous le pensez. Et vous ? De quelle origine ? On était presque arrivé à destination, j’essayais de le convaincre que le peuple tunisien avait ses qualités et ses défauts et qu’il comptait parmi ses plus de dix millions d’habitants des gentils, des intelligents, des grands cœurs et des grands hommes. C’est à ce moment là, et après une longue tirade digne d’un speech politique, qu’il me sortit une phrase du genre : « je sais tout ça puisque j’en suis un et que mon pays c’est mon amour » C’était la deuxième fois que je riais en moins de dix minutes. On a un peu discuté à la sortie du métro, je lui ai dis que je rejoignais mes amis. Il m’a donné son numéro et m’a lancé : « si jamais tu t’ennuies, si jamais tu finis tôt, si jamais demain, si jamais après demain… » Je ne sais pas si j’aurais du l’appeler. Il faut croire que je ne suis pas habituée à ce genre de rencontres. Même si ici, c’est comme ça que ça marche il parait. Je suis restée dans mon ancien mode d’emploi. Celui ou on apprend à connaître une personne avant de sortir boire un café avec elle, celui ou on fait des rencontres à travers des amis. Je reste pourtant quelqu’un de très sociable et ouvert à toute discussion…sans plus. J’avoue que cette rencontre n’était pas agressive. (Par agressive je qualifie tous ces moyens de drague qu’utilisent les jeunes dans les rues, cafés, bars… quand ils te balancent comme une bombe qui t’explose en pleine figure combien tu les intéresses et à quel point ils aimeraient te revoir) Et pourtant je me suis sentie bousculée. J’essai depuis plus d’une semaine de comprendre pourquoi. Pas parce que ce jeune homme m’intéressait tellement (enfin un peu), mais plutôt parce qu’il pourrait être quelqu’un de bien, qu’il pourrait me plaire, mais que je refuse d’essayer. Parce que jusque là, je croyais que je refusais les rendez-vous proposés sous prétexte que la personne ne me correspondaient pas dès le départ, mais là j’ai jugé de ça en dix minutes. Cette fois je me suis surpassée. Et depuis quelques 9 mois, c’est la troisième fois qu’on me reproche ça, de juger vite, ou plutôt de ne pas donner le temps au temps, de ne pas prendre ce temps pour vivre un petit moment à deux. J’avoue que dans tout ça il y’a cette grande partie de masochisme que j’ai cité au tout début, parce que j’aime voir, revoir et discuter avec les hommes qui ont comptés dans ma vie… ceux qui m’ont fait pleuré, ceux qui m’ont fait rire mais surtout souffrir et parfois même je me suffis d’eux. Mais il y a surtout ce côté que j’ai compris récemment, par ces jours de pluie à Paris, with my « Paris state of mind »… Je crois que j’ai surtout peur de foirer à nouveau…